Qatar 2022

«Le Qatar a les moyens d’organiser un tournoi avec 48 pays»

Envoyé Spécial à Doha : Nazim Bessol

Le Secrétaire général adjoint du « Suprême Committee of Delivery and Legacy », Nasser al- Khater a reçu à Doha les représentants de la presse mondiale et s’est livré au jeu des questions-réponses. Entretien.

L’actualité immédiate de la Coupe du monde 2022, concerne l’éventuelle augmentation des pays participants de 32 à 48, disposez-vous d’un plan B ?

La bonne nouvelle pour cette éventualité c’est que nous allons être fixés sur la question dans un peu plus de deux semaines, lors du prochain Congrès de la FIFA à Paris (6 juin). Si le Mondial 2022 doit se joue avec 48 pays, il nous faudra bien sûr être prêts. Bien évidement il va y avoir des besoins supplémentaires qui vont naturellement créer une pression sur l’organisation mais aussi sur les infrastructures. Mais au final, les préparatifs ne vont pas forcément changer, la qualité sera toujours notre maître mot. Inch’Allah nous essayerons d’honorer les pays arabes et le football dans le monde arabe à travers l’organisation d’une compétition de qualité. Il s’agit-là d’une promesse que nous avions faite déjà en 2009 puis en 2010, lorsque nous avions remporté l’organisation de la Coupe du monde 2022.

Si la formule à 48 pays est retenue, peut-on imaginer une co-organisation avec d’autres pays de la région ?

Comme je viens de vous le dire, l’augmentation des participants impactera forcément l’organisation, mais si la question est de savoir si le Qatar peut « absorber » grâce à son parc hôtelier et ses infrastructures sportives, de transport, sanitaire … cette augmentation, je vous confirme que oui ! Il y aura naturellement une pression lors de la phase de poules mais par la suite au fur et à mesure que la compétition avance, cette pression se dissipera. La compétition dure 28 jours, la tension sera à son maximum les 12 premiers jours, après les choses repassent à des niveaux beaucoup plus bas.

Le Qatar a-t-il son mot à dire dans l’éventualité d’une augmentation des équipes, peut-il opposer son veto ?

Si l’on se réfère au cahier des charges que la FIFA a présenté à Miami au mois de mars dernier, on pourrait lire plus d’une fois que la décision de changer de formule ou non ne peut se faire qu’avec l’aval de l’Etat du Qatar, donc oui, le Qatar à son mot à dire et il ne peut y avoir de décision unilatérale. Maintenant, je vous fais aussi savoir que le Qatar a annoncé vouloir œuvrer pour l’intérêt du football. Aussi nous avons fait des études sur nos capacités à exécuter seuls ce projet mais aussi sa plus-value pour le football. Et dans ce cas, je vous cite un exemple : l’Asie passerait de 4 à 8 équipes, l’Afrique passerait quant à elle de 5 à 9 représentants avec une forte possibilité d’avoir l’ensemble des pays arabes de l’Afrique du Nord qualifiés. Il y a donc des avantages non négligeables. Il faut donc prendre en compte la question de l’interaction des autres Etats avec nous. Nous avons donc tracé les grandes lignes de la question et nous maîtrisons ses exigences, les deux prochaines semaines seront décisives concernant ce volet.

Cinq autres stades devraient être réceptionnés, quel va être le rythme des inaugurations. Allez-vous opter pour la même formule que le stade Al Khalifa et celui d’Al Janoub ?

Avant la fin de l’année nous devrions réceptionner encore un, voire deux stades, celui d’Al Rayyan et Al Beith. Il est possible que l’un d’entre eux ne soit réceptionné qu’en début d’année prochaine, mais pour les autres ils seront prêts en 2020. Pour ce qui est de leur inauguration, nous n’avons pas encore arrêté de date précise ni le type d’évènement pour le jour J.

Sur le plan organisationnel, vous avez préféré créer une entreprise en joint-venture avec la FIFA, pourquoi et qu’est-ce qui change ?

Nous avons créé cette société d’un commun accord avec la FIFA pour des questions d’efficacité et d’optimisation du travail. Ce qui change avec le schéma « classique » c’est encore une fois l’efficacité dans le travail et une meilleure gestion des ressources, notamment humaines. La joint-venture nous évite d’avoir des doublons et deux niveaux de prise de décision, cela nous procure beaucoup plus de souplesse, il n’y a plus de navette dans le processus de prise de décision entre le comité d’organisation local et la FIFA par exemple, c’est un gain de temps inestimable. Tout le monde travaille au même endroit pour la même entreprise, il peut y avoir du personnel issu de la FIFA et du personnel local ou autre mais tout le monde est sous le même pavillon. Aujourd’hui nous pouvons dire qu’il y a beaucoup moins de déperdition dans le processus décisionnel puisqu’il n’y a plus de dualité FIFA / Comité d’organisation local.

Comment est née cette idée de créer une société avec la FIFA ?

De notre côté, nous étions présents lors des trois dernières éditions de la Coupe du monde (2010, 2014 et 2018) pour voir comment les choses fonctionnent et comment se déroulait le tournoi. Arrive un moment où la FIFA se penche sur le dédoublement des tâches entre ses représentants et les membres du comité local d’organisation et décide de trouver des solutions à cette problématique et moderniser le mangement de ses compétitions, sans pour autant proposer de solution. Nous avons travaillé et nous avons mis de côté tout ce qui relève exclusivement des prérogatives de la FIFA : droit TV, billetterie, sponsoring… en gros toute la partie commerciale. Reste au Qatar la partie infrastructures gérée par le Comité suprême de livraison et du patrimoine (Comité d’organisation CM 2022). Nous avons alors proposé à la FIFA la création d’une entreprise afin de mutualiser les énergies et optimiser le travail et éviter le dédoublement des postes et fonctions. La FIFA a accepté l’idée et nous avons créé la société Qatar-FIFA Word Cup 2022. Une entreprise qui est en charge de l’organisation de la compétition, transporter les joueurs d’un point A à un point B, les déplacements des supporters, du personnel et délégués de la FIFA, leur hébergement…

A un peu moins de trois ans avant le début de la compétition, vous êtes très en avance dans les différentes réalisations, quels sont alors vos principaux défis aujourd’hui ?

Je pense que les principaux handicaps sont grâce à Dieu derrière nous aujourd’hui. Les grands projets lancés (autoroute, métro…) ont été réceptionnés ou sont en cours de réalisation. Même les campagnes de presse ultra violente des médias occidentaux se sont arrêtées d’elles-mêmes. Devant l’ampleur des réalisations et notre détermination à aller au bout de notre projet, ils se sont peut-être rendus compte que la compétions allait bel et bien avoir lieu et ont rendu « les armes ».

Un mot sur les supporters, comment vous comptez organiser leur accueil ?

Pour les supporters étrangers, l’Etat accordera un visa automatique à tout détenteur de billet pour le stade. En ce qui concerne les Fan Id (un badge semblable aux accréditations des medias et des VIP…Ndlr), nous étudions encore les possibilités, on pourrait opter pour le model de la Russie lors du dernier Mondial où chaque supporter disposait d’un passeport mais en le développant encore plus grâce à la technologie. La question n’est pas encore tranchée, elle reste à l’étude.

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